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Histoire

Les guerres de Mahamet Ali contre les Turcs et l’avance de ce prince en Asie mineur, avaient attiré, dès 1839, l’attention des pays d’Occident sur ceux du Levant et, ne voulant pas cependant réveiller la question d’Egypte, encore mal assoupie, on avait commencé, aussi bien en France qu’en Angleterre, à jeter les yeux du côté de l’Ethiopie plus lointaine, avec des regards où la courtoisie commençait déjà à le disputer à la curiosité. Des voyageurs des deux nations se mirent à parcourir le pays encore peu connu ; ils explorèrent le Tigré, l’Amhara, le Godjam, voisins de l’Egypte et le Choa (Ethiopie), déjà plus éloigné. S’ils ne revinrent pas avec enthousiasme excessif de leurs découvertes, leurs impressions n’étaient pas non plus décourageantes. Vint ensuite l’entreprise projetée du Canal de Suez, qui pouvait intéresser toute l’Europe : la mer Rouge devenant la voie la plus courte vers l’Extrème-Orient. Quelle nation en occuperait les meilleurs relais ? La France n’avait encore à ce moment aucun intérêt essentiel dans l’Océan Pacifique, mais bientôt après ce furent l’occupation de Saïgon, Nouméa, puis le Tonkin ; c’était dès lors pour la France une nécessité d’avoir sur la route d’Asie non plus seulement un simple relais mais des postes plus étendus de transit et de ravitaillement. A ces trois degrés de l’ambition ou des nécessités de l’Europe correspondent, au moins pour la France, trois formes d’action nettement caractérisées. Aux guerres de Mahamet Ali répondent les premiers rapports politiques avec l’Abyssinie ; en 1843, le rois du Choa, Sahli-Salassié, signe une sorte de traité d’alliance avec Louis-Philippe. Au moment où le Canal de Suez va s’ouvrir, il paraît utile à la France de prendre position dans la mer Rouge et au fond du golfe d’Aden et c’est, en 1860, l’objet de la mission Russel à Massaouah et l’acquisition d’Obock à la sortie du détroit de Bab et Mandeb. Enfin, lorsque survinrent au Tonkin les incidents qui coûtèrent la vie à François Garnier, en 1873, et à Henri Rivière en 1883, préludes presque certains d’une activité nouvelle en ces régions, la France s’installa à Obock en 1883, puis à Djibouti , en 1888. La France n’avait jamais eu de rapports suivis ni réguliers avec l’Abyssinie jusqu’au règne de Louis-Philippe. Au temps de ce souverain, deux jeunes français, Combes et Tamisier, visitèrent toute l’Ethiopie du Nord de février 1835 à mars 1837, dans un but purement scientifique, puis en 1839, un autre français, Rochet, dit d’Héricourt, parti dans l’intention de traverser toute l’Afrique, du détroit de Bab el Mandeb jusqu’au Gabon, fut tellement séduit par l’accueil que lui fi Sahli-salassié à Angolola, alors sa capital, qu’il y resta toute une année. Au bout de ce temps, Rocher dut renoncer à toute exploration plus lointaine et revint en France, convaincu, que le Choa, qui avait été de tout temps à la tête de l’Abyssinie, était le seul de tous les royaumes dont se composait ce pays, « qui jouit d’un gouvernement régulièrement organisé et dont la puissance était en voie de progrès continu. » Sahli-Salassié l’avait chargé de présent pour le roi de France. A son passage à Suez, Rochet rencontra trois officiers français, Ferret, Gallinier et Roger, qui étaient envoyés en Abyssinie par le gouvernement français, pour reconnaître dans quelles conditions on pourrait amorcer un commerce avec ce pays. Leur voyage qui dura trois ans (oct. 1839-22 déc. 1842) a fixé plusieurs points géographiques ou d’histoire naturelle assez importants, mais il n’eut aucun caractère politique. D’ailleurs ces trois français n’allèrent pas jusqu’au Choa. Entre-temps, les événements avaient évolué en Syrie ; l’Angleterre y avait brisé l’élan de Mahamet Ali et l’influence de la France y paraissait en recul. Il fallait réagir. Un nouveau voyage de Rochet ne pouvait nuire aux intérêts français ; il repartit donc en Afrique, mais cette fois il n’était plus un simple naturaliste, il était chargé par le gouvernement de nouer, s’il était possible, des relations politiques avec Sahli-Salassié. Rochet séjourna encore au Choa et en rapporta un traité, dont la teneur suit :
Traité politique et commercial entre le grand Louis-Philippe, roi de France, et Sahli-Salassié, roi du Choa, et ses successeurs. Vu les rapports de bienveillance qui existe entre S. M. Louis-Philippe, roi de France, et Sahli-Salassié, roi de Choa. Vu la conformité de religion qui existe entre les deux nations, le roi de Choa ose espérer que, en cas de guerre avec les Musulmans ou autres étrangers, la France considérera ses ennemis comme les siens propres, S. M. Louis-Philippe, protecteur de Jérusalem, s’engage à faire respecter comme des sujets français tous les habitants du Choa qui iront en pèlerinage et à les défendre, à l’aide de ses représentants, sur toute la route, contre les avanies des infidèles. Tous les français résidant au Choa seront considés comme les sujets les plus favorisés et, à ce titre, outre leurs droits, ils jouiront de tous les privilèges qui pourraient être accordés aux autres étrangers. Toutes les marchandises françaises introduites dans le Choa seront soumises à un droit de trois pour cent une fois payé, et ce droit sera prélevé en nature, afin d’éviter toute discussion d’arbitrage sur la valeur desdites marchandises. Tous les français pourront commercer dans tout le royaume de Choa. Tous les français résidant au Choa pourront acheter des maisons et des terres dont l’acquisition sera garantie par le roi de Choa ; les français pourront revendre ou disposer de ces mêmes propriétés.
Ce traité plein de promesses n’eut aucune suite et ne pouvait en avoir, tant que la France n’avait pas un comptoir à proximité de l’Abyssinie. Il fallut encore cinquante ans avant que les rapports de la France et le Choa sortissent du domaine de la théorie. Cependant le traité de 1843 indiquait que la France ne se désintéressait pas des problèmes que pourrait soulever l’accès des puissances européennes dans la mer Rouge. Prévoyant l’importance que cette mer prendrait dans le commerce du monde, les Anglais s’étaient déjà établis à Aden en 1838 et à Périm en 1857 (Yémen). S’ils n’avaient pas encore les clefs de l’entrée, ils tenaient la porte de sortie et pourvaient au besoin la fermer. Pour contrebalancer leur action, la France n’avait qu’un moyen, c’était de s’établir non loin d’eux, dans le golfe d’Aden. Il y avait précisément là une rade qui paraissait sûre et une plaine qui s’étendait assez loin jusqu’au pieds des montagnes, c’était Obock ou, comme on l’appelait anciennement, Ouano. En 1849, Rolland, ce consul à Massaouah, en avait signalé l’importance, mais il était réservé à Henri Lambert de donner des droits à sa possession. Henri Lambert était un Breton, né à Redon en 1828. Son frère avait de grands intérêts à l’île Maurice ; il le fit venir, l’associa à ses entreprises et l’envoya à Aden pour y recruter des travailleurs et y établir une ligne de navigation entre Aden et Maurice. Lambert fit trois séjours à Aden et dans la mer Rouge en 1855, 1856 et 1857. Au cours de ce dernier voyage, il fut nommé agent consulaire de France, sans que cette fonction mis obstacle à ses opérations commerciales. Toute cette partie de la mer Rouge lui devint vite très familière ; il alla deux fois à Obock et à Tadjoura. Sur ces entrefaites, le hasard voulut qu’il rendît un service financier d’une certaine importance à un nommé Abou Beker, de Tadjoura, fermier des douanes de Zeilah. En récompense, celui-ci proposa de céder à la France le port de tadjoura et le pays qui en dépendait. Peut-être excédait-il ses droits ; quoi qu’il en soit, la cession ne fut pas encore réalisée

Chronologie : Djibouti Une chronologie des événements principaux

1857:Premier agent consulaire français


Lambert se rendait pour la troisième fois à Tadjoura, pour regagner ensuite la France, lorsque, pour se venger d’un procès qu’il lui avait fait perdre à Hodeïdah, le gouverneur de Zeilah le fit assassiner un soir à bord de son embarcation, le 4 juin 1859, aux îles Moucha. Par la suite, l’amiral Fleuriot de Langle voulut apprécier la valeur de la cession territoriale promise à Lambert ; il visita tous les points de la côte, notamment Zeilah et Tadjoura et constata que la rade d’Obock était sûre et que le territoire pouvait fournir de l’eau potable. Il ne se crut pas toutefois autorisé à transformer en droits réels les droits trop vagues que la France tenait de Lambert. Ce ne fut que l’année suivante, 1862, que l’affaire fut définitivement réglée par un traité signé à Paris le 11 mars entre Thouvenel, ministre secrétaire d’Etat pour les Affaires étrangères et Ahmed Aboudeker, délégué par le sultan de Tadjoura et les chefs des tribus Danakils et Débenehs. Ce trait, en neuf articles et un article additionnel, portait les disposition suivantes :
ARTICLE PREMIER. -Il y aura paix et amitié perpétuelle entre Sa Majesté l’Empereur Napoléon III et ses successeurs et les tribus Danakils établies sur la côte d’Adel. ART. 2. - Les chefs danakils, et notamment Sultan Ding, cèdent à Sa Majesté l’Empereur les port, rade mouillage d’Obock, situés près du cap Ras Bir, avec la plaine qui s’étend depuis Ras Bir, au sur, jusqu’à Ras Doumeïrah, au nord. ART. 3. - Cette cession est faite moyennant le prix stipulé et convenu de 10.000 thalaris, Soit 50.500 F. ART. 4. - ….Règle les conditions de paiement. ART. 5. - Cette cession est garantie solidairement par les chefs Danakils, savoir : Sultan Mohamed ben Mohamed, Sultan Ding-Koullou, - Osman, Aly Brahim, - Aboubekr, - Chahm et par le Sultan Loeïta, chef de la tribu des Debenech, représentés par leur envoyé Ding Ameh-Abouberk. ART. 6. - Les chefs ci-dessus nommés s’engagent isolement et solidairement à faciliter, par tous les moyens en leur pouvoir, les relations des français établis à Obock avec l’intérieur du pays, soit par terre, soit par eau, en remontant le cours des fleuves Armazo et Haouach. Ils leur concèdent le droit d’exploiter, dans les forêts, le bois nécessaire à leur usage et celui d’user des aiguades et eaux courantes qui existent sur la côte à proximité du territoire d’Obock. Il pourra être établi, d’un commun accord, les réservoirs d’eau sur les points jugés convenables sans que leur établissement donne lieu à aucune demande d’indemnité. ART. 7. - Les français établis à Obock pourront faire paître leurs troupeaux à Ambabou, sur la montagne de Tadjoura, à Kassassazélé et à Elo, près du cap Laboutil, sans que ce droit entraîne contestation ou demande d’indemnité. ART. 8. - Les français auront le droit de prendre du sel au lac Assal et autres lieux où ils se trouvent, sans être inquiétés ni molestés. ART. 9. - Les chefs Danakils et des autres tribus indépendantes de la côte d’Adel prennent l’engagement formel de communiquer aux autorités françaises établies à Obock toute proposition de cession de territoire qui pourrait leur être faite de la part d’un gouvernement étranger. Ils s’engagent solidairement et isolément à repousser toute ouverture qui n’aurait point reçu l’agrément du gouvernement de Sa Majesté l’Empereur des Français. ARTICLE ADDITIONNEL. - Dans le cas où les ports, rade et mouillage d’Obock seraient reconnus impropres à la tenue d’un bâtiment de fort tonnage, Ding Ahmed s’engage, au nom du cheick Aly-Ibrahim-Aboubekr, - Chahm, et des chefs désignés au traité, à céder, au prix stipulé dans l’article 3, les ports, rade et mouillage de Goubet-Kharab ou tous autres avec le territoire qui en dépend et sous toutes les conditions insérées au présent traité.
C’étaient 25 lieues carrées qui passaient nominalement sous la souveraineté française, car tout ce pays était sans habitants. Appréciant plus tard cette cession, dans un rapport de 1885, le ministre de la Marine et des Colonies écrivait : « Par son excellente rade, par sa situation géographique au sud de l’Abyssinie, sur le chemin du Choa à la mer, par sa proximité du détroit de Bab el Mandeb, Obock justifiait le choix dont il avait été l’objet et que commandaient, en outre, l’ouverture alors prévue de l’isthme de Suez, la présence des bâtiments français naviguant dans la mer Rouge et enfin la perspective d’attirer dans une possession française une partie des caravanes aboutissant jusque-là à Tadjourah, à Zeïla et à Berbérah. » Pendant que ces événements se passaient entre Aden et Tadjourah, à la sortie de la mer Rouge, l’empereur avait donné des instructions, le 13 octobre 1859, au capitaine de vaisseau Russel pour rechercher un point d’occupation dans la mer Rouge elle-même. Le canal de Suez allait s’ouvrir ; il ne fallait pas que la France, qui exécutait cette grande œuvre, eût travaillé pour les autres, en n’ayant pas ensuite la liberté de navigation dans la mer elle-même. Ce point devait, à son sens, être la baie d’Adulis, un peu au sud de Massaouah. Le roi du Tigré, dont le titre était Bahar Negous (NEGOUS est employé comme au 19e siècle pour dire NEGUS), ou roi de la mer, était à ce moment en difficultés assez graves avec le negous Theodoros, roi de l’Amhara, qui rêvait de reconstruire à son profit l’unité de l’Abyssinie. Le roi du Tigré, Negoussié, directement menacé, avait envoyé en 1858 une mission à Napoléon III pour réclamer son appui. Comme plus tard Ménélik, il pressentait que si les Français avaient à la côte un poste qu’ils tiendraient de sa seule générosité, ce poste lui permettrait de recevoir des armes pour dominer au besoin des voisins en même temps qu’il garantissait son indépendance vis-à-vis de l’étranger. L’empereur jugea l’occasion favorable pour intervenir et le 13 octobre 1859, il chargea le capitaine de frégate Russel d’une mission d’un caractère indéterminé. Trois propositions étaient faites ; celle du roi Tigré offrant à la France la baie d’Adulis, une autre de la maison Pastré, de Marseille, établie à Edd depuis une dizaine d’années et qui consentait à céder gracieusement tous ses droits, enfin celle de Henri Lambert, pour Obock et Tadjourah. Le Gouvernement n’avait aucune idée bien arrêtée ; il ne voulait toutefois d’aucun point qui fût déjà occupé ou même simplement revendiqué par une autre puissance, tels Massaouah par la porte, Zeilah et las îles Moucha par les Anglais. Pour écarté toute suspicion, la mission devait n’avoir aucun caractère officiel ; Russel s’embarquerait à Aden comme un simple voyageur sur le navire l’Yemen, appartenant à la maison Pastré. Sans accepter ni rejeter aucune des propositions qui lui avaient été faites, l’empereur avait laissé à Russel une grande liberté d’action ; toutefois ses préférences étaient pour la baie d’Adulis. Ce fut donc de ce côté que Russel porta d’abord son attention. Mais à peine était-il arrivé dans la mer Rouge qu’il apprit de fâcheuses nouvelles. Theodoros avait fait de grands progrès dans le Tigré et la situation de Negoussié commençait à devenir inquiétante. L’appui des français lui étant plus que jamais nécessaire, il fit écrire à Russel pour lui proposer soit le ras Doumeirah, presque à la sortie de la mer Rouge, soit, au milieu, la baie d’Adulis, avec la ville de Zoulla au fond de l’île de Dineh, à l’entrée. Zoulla, sous le nom d’Adulis, avait été une place commerciale importante dans l’antiquité ; c’était le grand marché de l’Ethiopie avec la mer Rouge. La ville avait été détruite l’an 591 de notre ère et depuis lors avait perdu toute importance. Zoulla ne parut pas à Russel être un bon mouillage ; néanmoins il n’en refusa pas la donation qui lui fut faîte par un acte en règle du mois de janvier 1860. Répondant alors à une invitation de Négoussié, il s’apprêta à le rejoindre au centre de ses états et, avec une escorte de quatorze personnes, il alla jusqu’à Halaye, qui était une localité d’environ 2 000 habitants, sur la route d’Adoua, capital du Tigré - à 2 000 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Negoussié envisageait encore à ce moment que l’appui de la France pourrait lui être d’un grand secours ; il demandait même qu’on installât un consul de français dans son royaume, comme signe de son indépendance vis-à vis de Theodoros. Les événements en décidèrent autrement. Theodoros, encouragé par les Anglais qui avaient auprès de lui un agent du nom de Plowden, sentit la nécessité de mettre Negoussié dans l’impossibilité de recevoir des Français le moindre secours ; il pressa sa marche ou plutôt précipita ses conquêtes, et obligea Négoussié à fuir et à rechercher un refuge provisoire à l’extrémité de ses états. La jonction des Français et des gens du Tigré ne pouvant plus se faire qu’au prix des plus grands dangers, Russel revint à Massaouah, sur les conseils mêmes de Negoussié. Sa mission n’avait pas échoué puisqu’il en rapportait un traité signé du roi du Tigré ; mais que valait, que vaudrait surtout ce traité ? Russel n’ayant consenti aucun délai déterminé pour l’acceptation ou le rejet, il en résulta que cet acte pouvait attendre, sans être périmé, l’heure et le bon plaisir du gouvernement français. A son arrivée à Massaouah, où était en poste un consul français, M. Gilbert, Russel apprit que les Anglais y avaient envoyé durant son absence deux navires, comme pour surveiller ses opérations : leur intention très nette étant de rester les maîtres exclusifs de la mer Rouge, autant qu’ils le pourraient. A leurs possessions d’Aden et de Périm, ils avaient ajouté en 1856 un très vague protectorat de Berbérah, à la côte des Somalis et, dès 1851, ils avaient commencé une navigation régulière entre Suez et Aden, d’abord tous les mois, ensuite toutes les semaines. Après avoir quitté Massaouah, Russel alla visiter Amphila, Edd et d’autres points de la côte ; celui d’Edd lui parut d’une très mauvaise tenue. L’île de Dineh lui sembla au contraire indispensable, si l’on voulait conserver Adulis. La nécessité de faire du charbon le conduisit ensuite à Aden où l’apparition d’un navire français était si rare que les Anglais considérèrent presque son arrivée comme une atteinte et une menace à leurs droits. Il visita ensuite la côte d’Afrique depuis le cap Guardafui jusqu’au détroit de Bab el Mandeb, vit le Ghoubet Karab, Tadjoura, Obock, puis Périm, le ras Doumeirah et Assab. Il rentra ensuite en France. Russel devait mourir au Mexique en 1863.


1860 : Abou Becker cède à la France le port de Tadjourah.


Napoléon III envoya à plusieurs reprises des navires de guerre pour reconnaître le mouillage d’Adulis et s’assurer s’il y avait bien des puits ou des sources dans le pays et quelle était la qualité de leurs eaux. Les renseignements fournis à cet égard n’ayant pas toujours été d’une concordance parfaite, rien ne militait pour un établissement immédiat. Obock était bien la route de l’Extrême-Orient, mais la Canal de Suez n’était pas ouvert et, dans les mers lointaines de l’Asie, la France n’avait encore aucun intérêt de premier ordre en Cochinchine, dont la conquête suivait son cours. D’autre part aucun mouvement commercial ne se dessinait vers l’Abyssinie ; Tadjoura était bien, avec Zeilah, l’un des deux points d’où partaient les caravanes se rendant au Choa par le lac Assal et la vallée de l’Aouache, mais aucun Européens n’y apportait de marchandises. Les voyages de Combes et Tamisier, Rochet d’Héricourt, Galinier et Ferret et ceux plus récents des deux frères Antoine et Arnauld d’Abbadie n’avaient été en fait que des voyages purement scientifiques, sans la moindre suite commerciale. L’Abyssinie restait fermée aux produits français plutôt par indifférence que par la mauvaise volonté des autorités. Rien ne stimulait donc le zèle de l’Empereur. Aussi les reconnaissances hydrographiques terminées, se contenta-t-il d’envoyer de temps à autre un navire de guerre pour montrer le pavillon. Aboubeker, passé à l’état de « protégé français » y recevait ou, selon les cas, y faisait recevoir les officiers et leur ménageait des parties de chasse dans l’arrière-pays. Ce furent pendant vingt ans les seules manifestations de l’activité française ; le canal de Suez fut ouvert, l’Empire passa, la République vint ; nulle installation officielle, de quelque nature que ce soit, ne fut faite à terre, comme si le pays ne le méritait pas. Aucune géographie, aucun atlas ne rangeait Obock au nombre des établissement français. Les rares initiés connaissaient seuls son existence. En 1868, à la suite d’un premier voyage en Abyssinie, M. Denis de Rivoyre, ancien sous préfet en France et en Algérie, dans une conférence faite à la Société de Géographie, révéla pour ainsi dire au public l’existence d’Obock et rappela sur ce poste l’attention du Gouvernement. On lui donna l’assurance que s’il voulait s’y établir, y faire des travaux et y élever des constructions pour son compte, on lui donnerait toute la protection nécessaire, mais la sympathie officielle n’alla pas plus loin. Denis de Rivoyre non plus, du moins pour le moment La Société des études coloniales et maritimes, récemment fondée, s’occupait alors de l’Abyssinie ; elle accorda son appui moral à toute entreprise que lui ou tout autre voudrait tenter en Afrique Orientale et notamment à l’établissement d’un comptoir à Obock. Rivoyre ne retourna en Abyssinie qu’au mois d’août 1879 avec quatre compagnons sur un petit navire de 700 tonnes, le Séverin. Son but, nous apprend-il était de donner dans ces parages de l’Orient jusqu’au golfe Persique, à notre commerce national et par là même à notre influence politique, une extension à laquelle ne manquaient, selon lui, que peu d’efforts individuels pour ouvrir les plus larges horizons. Il se rendit d’abord à Zeilah, devenu depuis 1866 possession égyptienne, mais où Aboubaker, âgé d’environ 65 ans, jouissait encore d’une grande autorité. Pas une caravane ne pouvait déboucher à la côte sans une passeport délivré par lui. De Zeilah, où il fut fort bien accueilli, il s’en alla à Obock, où il arriva juste à temps pour empêcher l’occupation de cette place par une force militaire égyptienne. Il reconnut --- chose aisée --- tout le pays jusqu’au Ras Bir et conclut que c’était partout la paix, la solitude ; pas une âme dans le pays. Rentré en France après avoir poussé son voyage jusqu’à Mascate et Bassorah, il essaya de remuer l’opinion et les pouvoirs publics. Il s’attacha à démontrer que l’établissement d’un ligne maritime régulière entre Obock et la France était presque une nécessité pour notre avenir dans cette partie du monde ; elle ne pouvait manquer d’attirer dans notre orbite une partie du trafic local, « lassé des exigences et de l’arrogance des Anglais, dont le pavillon se voyait et régnait exclusivement ans ces mers. Son appel fut entendu. Dès 1881, un réel effort commercial commença à se développer avec l’Abyssinie. Un français, nommé Lucereau, après avoir séjourné quelque temps à Obock et à Tadjourah, partit de Zeilah pour Harrar, avec l’intention de pousser jusqu’à Addis Abeba. Déjà il était assez loin dans le pays des Gallas, lorsqu’il fut assassiné vers le 1er octobre de la même année, sur la suggestion, insinua plus tard Soleillet, d’Aboubeker, pacha de Zeilah et notre protégé en territoire français. Des compagnies réussirent mieux ou du moins ne furent pas victimes des mêmes infortunes. La même année, il se créa une Société maritime de navigation, dite Société des Steammers de l’Ouest, dont le directeur fut un nommé Jules Mesnier. Cette société fut en mesure, dès le début de l’année suivante, d’assurer un service régulier dans la mer d’Oman et le golfe Persique, en touchant à Obock et à Mascate, sans relâcher à Aden. Il est vraisemblable que le commerce des armes, qui a si longtemps fleuri à Mascate, était le principale élément du trafic. Une autre compagnie purement commerciale se forma également en 1881 entre une nommé Arnoux et quinzaine de personnes avec un capital très limité. Elle installa à Obock des baraquements en bois et commença aussitôt ses opérations. Ce fut la Compagnie franco-éthiopienne, dont Arnoux fut le directeur. Six mois après, une autre compagnie, plus importante, se constitua avec Paul Soleillet, déjà connu par ses explorations dans le nord de l’Afrique et au Sénégal ; ce fut la Société française d’Obock. Pour assurer la sécurité et mettre, le cas échéant, en mesure de repousser une attaque, Soleillet fit construire une haute tour, qui porta son nom mais qui, mal entretenue, ne fut bientôt plus qu ’une ruine. La meilleure sauvegarde fut encore dans les relations que Soleillet essaya de nouer (août 1882) avec quelques chefs des environs. Il obtient même du sultan de Tadjourah la cession du petit territoire de Sagallo, mais que valait cette cession, sans le reconnaissance du gouvernement égyptien, encore possesseur officiel du pays ? Des communications furent ainsi établies entre Obock et le Choa, par la voie du lac Assal et de l’Aouache : mais à qui serviraient-elles ? La Société française d’Obock ne tarda pas à péricliter et Soleillet, d’esprit difficile à se fixer, l’abandonna pour se livrer à d’autres explorations : il partit pour le Nil et le Kaffa. Une nouvelle société crée sous le nom de Factoreries françaises, n’eut pas plus de succès ni de durée. Délaissée par les particuliers, négligée par suite des événements, était-ce vraiment la mort pour cette colonie en gestation ? Ce fut précisément à ce moment que vint le salut. Les efforts maritimes et commerciaux des années 1881 et 1882 n’avaient pas passé inaperçus et avaient attiré l’attention du gouvernement lui même. L’expédition de Tonkin, qui était alors engagée, obligeait la France à avoir sur la route de l’Indochine, une base de ravitaillement ; sous prétexte de neutralité dans la lutte, les Anglais pouvaient refuser aux Français de faire de charbon à Aden ; à moins de tout transporter de France, il était impossible de renouveler les ravitaillements ? La nécessité d’avoir une escale à Obock, déjà entrevue avant l’ouverture du Canal de Suez, s’imposait de toute nécessité. Et ce fur vraiment la naissance d’Obock ; l’enfantement avait durée vingt-trois ans. L’intérêt politique ayant enfin apparu au gouvernement français, un ingénieur des mines du nom d’Aubry fut envoyé à Obock pour y installer un dépôt de charbon ; il devait en même temps se rendre compte des ressources commerciales que pouvait offrir le pays et fixer aussi exactement que possible l’étendue du territoire. Le résultat de cette enquête fur si concluant que, sans tarder, le gouvernement signa le 19 décembre, une convention avec deus négociants français du Havre, Poindest et Ménier, pour installer immédiatement des magasins et un parc à charbon. Installation qui paraissait d’autant plus aisée qu’on trouvait sur place tous les matériaux nécessaire, bois, pierre, argile et chaux. Il décida également d’envoyer un fonctionnaire pour se livrer à une étude de même nature en vue de l’organisation du pays.


1883 : La France s’installe à Obock.


CefonctionnairefutM. Lagarde, qui servi deux ans auparavant en Indochine et venait d’être désigné commecommandantdecercleauSénégal.M.Lagarden’avaitpas24ans.Parti de France sur l’Infernet en décembre 1883, il rentra à Paris au mois d’Avril suivant pour rendre compte de sa mission. Ses rapports concordant avec ceux d’Aubry, il fut nommé deux mois après commandant d’Obock, dont l’existence en tant que colonie fut enfin consacrée par un décret du 24 juin. Lorsqu’il arriva à son poste au mois de juillet, avec 27 hommes d’infanterie, on était en plein été, le thermomètre marquait la nuit 40° ; il fallut pourtant vivre et quelle existence, avant qu’on eût pu créer quelques jardins avec le peu d’eau disponible durant la saison chaude. Pendant quelque temps on ne vécut que de riz et de lard salé. M. Lagarde avait toutes les qualités nécessaires pour réussir avec les originaires : beaucoup de finesse d ’esprit et de manières et quelques moyens financiers. Lorsqu’il eut achevé les quelques installations nécessaires à son personnel, il se mit en rapport avec les autorités du voisinage, les sultans de Raheita et de Tadjourah et conquit vite leur confiance. Le sultan de Raheita lui reconnut non sans peine au sud du ras Doumeirah les droits déjà cédés en 1862 par sa famille ; quant au sultan de Tadjourah, et aux autres chefs de la côte ou du voisinage, M. Lagarde conclut avec eux une série de traités ou de conventions qui s ’échelonnent dans l’ordre suivant :
Le 09 avril 1884 : Ohmed ou Ahmed Loïtah, sultan de Gobad, à l’intérieur du pays, au sud, sans céder à la France la propriété même de son territoire, accepta le protectorat et s’engagea à protéger les Français et les caravanes des Français traversant son pays, à leur donner les plus grandes facilités pour leurs achats et même pour acquérir les propriétés, creuser les puits et entreprendre d’autres travaux.

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Le 21 septembre suivant, Hamed ben Mohammed, sultan de Tadjourah, mit de son côté son pays sous protectorat par l’acte qui suit : ARTICLE PREMIER. - Il y aura désormais entre le Sultan et la France une amitié éternelle. ART. 2. - Le Sultan Hamed donne son pays à la France pour qu’elle le protège contre tout étranger. ART. 3. - Le gouvernement français ne changera rien aux lois établies dans le pays du Sultan Mohamed. ART. 4. - Le Sultan Hamed, en son nom et au nom de ces successeurs, s’engage à aider les Français dans les constructions de maisons et achats de terrains . ART. 5. - Le Sultan Hamed s’engage à ne signer de traité avec aucun autre pays sans l’assentiment du gouvernement d’Obock. ART. 6. - Le gouvernement français s’engage à servir mensuellement une pension de 100 thalers au Sultan Hamed et 80 au Vizir. Enfin, par un dernier acte du 14 décembre, Ahmed Loïta, Sultan de Gobad, complétait à son tour son premier traité, dans les termes suivants : « Moi, Sultan de Tadjourah, ayant donné son pays au gouvernement français jusqu’à l’endroit appelé Adaëli, Moi, Ahmed Loïta, j’en fais de même et je donne au dit gouvernement de Adaëli à Ambado (à proximité du ras Djibouti).
M. Lagarde compléta fort heureusement ces acquisitions l’année suivante, en passant le 26 mars avec les chefs Somalis, qui commandaient depuis le Goubet Kharab jusqu’au-delà d’Ambado, près de Zeilah, un traité qui assurait le protectorat sur cette partie de la côte. Par là, la France entrait en contact avec l’Angleterre, installée à Zeilah depuis 1885. Un traité conclu le 3 février 1888 régla ainsi la question de frontières : une ligne part d’un point de la côte situé en face des puits de Hadow ou Laouada à l’est de Djibouti et de là se dirige sur Abassaouïn, en passant à travers lesdits puits ; d’Abassaouïn la ligne suit le chemin des caravanes jusqu’à Biokabouba, et de ce derniers point suit la route des caravanes de Zeilah au Harrar via Gueldessa. L’Angleterre abandonnait en outre les îles Moucha, où Henri Lambert avait été assassiné près de trente ans auparavant. La France perdit par contre les bénéfices qu’elle aurait pu recueillir de la mission Russel à la baie d’Adulis, en 1860. Dans les graves problèmes que souleva pour l’Angleterre l’occupation de l’Egypte en 1882, bientôt suivie de la révolte du Mahdi et des Derviches dans la vallée du Nil Moyen, dont le centre est Khartoum, il avait paru à cette puissance qu’elle avait besoin d’un auxiliaire pour comprimer cette révolte et consolider sa propre situation dans l’Egypte elle-même ; ne pouvant compter sur la France, elle s’était retournée du côté de l’Italie, que commençait à travailler la fièvre coloniale et, comme si elle pouvait à son gré disposer de l’Egypte et même des pays limitrophes, elle lui avait offert Massaouah pour l’entraîner dans son jeu ; l’Italie avait accepté. Et en 1888, elle s’était installée en cette ville avec l’intention de pousser plus loin dans l’intérieur, au moins jusqu’à l’Atbara. Ce fut en vain que la France protesta contre cette occupation ; les droits n’avaient jamais été accompagnés ou suivis d’une prise de possession, même de pure forme, il fallut s’incliner devant le fait accompli. L’Italie put ainsi amorcer sans opposition réelle la politique débordante qui, après des fortunes diverses - traité d’Ucciali (1888), bataille d’Adoua (1895) - devait l’amener à la constitution de sa colonie de la mer Rouge. Pendant quelques années Obock resta le seul objectif de la France, sans que la colonie servît à autre chose qu’à assurer nos ravitaillements avec l’Extrême-Orient : il est vrai que telle avait été la principale cause de sa fondation. Aucun commerce sérieux ne s’amorçait encore avec l’intérieur du pays. Un hasard allait tout modifier. En 1888, au cours d’une reconnaissance que M. Lagarde faisait vers le fond de la baie, son petit bateau, le Pingouin, eut besoin de réparations. Un banc de sable propice au travail se trouvait dans les environs, à quelque distance cependant ; M. Lagarde y fit échouer le Pingouin. Pendant qu’on réparait le navire, on fit l’Hydrographie de la région ; or le banc de sable se trouvait à proximité du raz Djiboutil ou Djibouti. Des paillotes et une maison, disparue depuis, furent rapidement édifiées ; un agent du gouvernement local y fut installé ; les commerçants suivirent presque aussitôt. Ils n’avaient pas tardé à s’apercevoir qu’à défaut de Zeilah, occupé par les Anglais, Djibouti était la voie la plus commode et relativement la plus sûre pour envoyer des caravanes à la capitale du Choa, Addis Abeba ; ils s’y engagèrent résolument et, à part quelques mésaventures, n’y trouvèrent pas de mécomptes. 1888 :

La France s’installe à Djibouti


Ce fut la fortune de Djibouti. Les paillotes du début disparurent rapidement et, sur la plateau madréporique qui bordait la mer, il s’éleva en peu de temps une ville à forme européenne, adaptée au style du pays avec des habitations obscures et des toits en terrasses. Il y vint des colons de tous les pays, principalement de l’Arabie, mais il y eut aussi des Indiens et quelques Arméniens : en peu d’années, ce fut un grouillement de plusieurs milliers d’habitants et la ville dut déborder dans la plaine environnante, où il se constitua une cité nouvelle, tout en paillotes. M. Lagarde allait souvent d’Obock à Djibouti, surveillant le développement de la nouvelle ville et songeant à l’avenir. Bientôt celle-ci lui parut d’une telle importance qu’il y fit construire un hôtel du gouvernement et qu’en 1896 il y installa les services publics.


1896 : Création de l’Hôtel du Gouvernement par Monsieur Lagarde.

Création de la colonie française de la Côte des Somalis Obock avait vécu en tant que capitale. Il n’y resta que quelques constructions très bien faites mais désormais inutiles, dont la plupart ont résisté à l’épreuve du temps. Il y avait entre autres un pénitencier créé, après la conquête du Tonkin, pour y recevoir les forçats provenant de la Réunion et de l’Indochine. Le véritable rôle de Djibouti allait commencer. La colonie française de la Côte des Somalis, qui allait plus tard s’appeler le Territoire Français des Afars et des Issas était constituée.


1946 : Statut de Territoire d’Outre-Mer.


Après la Deuxième Guerre mondiale en 1946, le TFAI reçut le statut de territoire d’outre-mer avec la création d’une assemblée territoriale élue. La loi-cadre de 1956 ajoutera au statue de 1946 un conseil de gouvernement chargé, sous la présidence du chef de territoire, de la gestion des affaires locales.


1956 : Création de la Loi Cadre.


En 1966, le courant favorable à l’indépendance du territoire de renforça. Des manifestations eurent lieu, notamment lors de la visite du Général de Gaulle en août 1966.


1967 : Référendum et création du Territoire Français des Afars et des Issas.

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Le 19 mars 1967, la population consultée par référendum opta pour le maintien de Djibouti dans l’ensemble français. Toutefois, un statut orienté vers un plus large autonomie fut promulgué le 3 juillet 1967. La côte française des Somalis prit alors le nom Territoire des Afars et des Issas. Certains domaines restaient cependant la compétence de l’état français : les affaires étrangères, la défense, la monnaie, l’organisation de l’état civil entre autre. A partir de 1975, la totalité des formations politiques du pays s’étant prononcée pour l’indépendance, le gouvernement français engagea un processus politique devant conduire à l’émancipation.


Mai 1977 : Référendum où une écrasante majorité des électeurs choisirent l’indépendance. ====================================================


Une nouvelle consultation électorale fut organisée en mai 1977. Une large majorité des électeurs ayant choisi l’indépendance, Djibouti devient un état souverain au cours de l’été 1977.


27 juin 1977 : Proclamation de l’indépendance.

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Ce jour naissait un nouvel état indépendant : 148e Membre de l’O.N.U. 49e Etat de l’O.U.A. 21e Etat de la Ligue Arabe. Lors de son discours inaugural, le premier président de cette jeune république, Hassan Gouled Aptidon, donnait la signification des couleurs nationales : le bleu de la mer et du ciel, le vert bienfaisant de la terre, le blanc de la Paix et l’étoile qui guide nos luttes et notre espérance.

 

 

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